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point8.gif (916 octets) Qu’est-ce que l’analyse géo-criminelle ?
point8.gif (916 octets) Comment utiliser la cartographie ?
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COMMENT UTILISER LA CARTOGRAPHIE ?

Combiner les sources et partager les données.

 Deux grands types de données peuvent être combinées pour procéder à des analyses comparatives :

  • DONNEES PRIMAIRES : Ce sont les plaintes recueillies par les services de Police et de gendarmerie et qui constituent les faits constatés. Il s’agit de faits officiels entrant dans les catégories du Code Pénal, mais qui à eux seuls ne peuvent représenter la réalité de l’activité criminelle et délictueuse.

  • DONNEES SECONDAIRES : Ce sont les faits recueillis par les partenaires des systèmes de sécurité. Les collecteurs les plus importants sont : les transporteurs pubics, les bailleurs sociaux, les centres commerciaux, les services publics. La Main Courante Informatisée de la Police Nationale constitue également une donnée secondaire.

Ces sources étant hétérogènes (système de recueil, classification, nomenclature, fréquence…), elles ne peuvent être additionnées.

Il est cependant intéressant, voire indispensable de construire un système qui ne se limite pas à représenter les faits constatés par les services de Police et de gendarmerie. Au sein d’un service de Police, la cartographie des appels au « 17 » est intéressante pour représenter les zones ou les lieux où la demande de sécurité est plus ou moins importante. La main courante recense les déclarations portant sur des faits ou incidents non pénalement qualifiés mais qui n’en sont pas moins réels. Si au regard du Code Pénal, ils ne peuvent a priori pas être pris en compte dans un premier temps, leur ressenti est cependant suffisamment grave pour avoir motivé le déplacement de la personne.

Dans leur activité quotidienne, les bailleurs sociaux, les sociétés de transport en commun, les services publics exposés, recensent les incidents dont ils sont les victimes.

Le représentation localisée des incidents et la comparaison spatiale des résultats, fournit un éclairage approchant la réalité qui permet de fédérer un partenariat et d’envisager la mise en place d’un processus de résolution de problème et de réponses coordonnées.

Le partage de ces données est l’ultime étape du partenariat en matière d’information. Ce partage résulte d’un lien de confiance. Il fait appel aux pratiques professionnelles inter-institutionnelles, s’appuie sur une volonté de transparence commune et sur une codification déontologioque.

Utiliser la cartographie pour le management des services de Police.

L’utilisation de la carte afin de prendre en compte les tendances géographiques de la délinquance permet de rationaliser l’emploi des personnels. C’est ce que l’on appelle le management de l’allocation de ressources.

Les incidents ne se produisent pas aléatoirement sur le territoire. Il s’ensuit des phénomènes de concentration sur des espaces le plus souvent restreints et à des périodes de la journée déterminées. Dans le contexte d’une gestion à budget limité, la cartographie des tendances délinquantes peut être combinée au dessin des aires de patrouilles calculées par le progiciel et ainsi employer au mieux les ressources disponibles. Ceci est particulièrement pertinent dans le cadre de l’application de l’aménagement et de la réduction du temps de travail.

La production de fiches de missions illustrées est l’autre aspect novateur de l’utilisation cartographique. Le personnel opérationnel de sécurité dispose alors d’un outil qui lui permet de cibler géographiquement sa mission et de constater dans le temps les résultats de son action. Il s’agit d’un enrichissement de l’environnement professionnel pour l’agent, autant qu’une garantie d’efficience pour le donneur d’ordre.

De nombreuses polices basent désormais leur action sur l’étude géographique des incidents afin de prévenir leur récidive. Les évaluations empiriques menées jusqu’à présent montrent une chute très significative des incidents de voie publique et une satisfaction de la population dans les quartiers bénéficiant de ce système

Illustration fiche mission

Utiliser la cartographie au bénéfice des victimes.

Le système de représentation cartographique peut aider les services d’aide aux victimes à analyser l’information telle que les types d’incidents par lieux, la proximité des services par rapport à la population géographiquement la plus exposée, ou encore déterminer la géographie des groupes de populations victimes et les catégories de victimisations. Cette connaissance terrain permet aux services d’aide aux victimes ou aux villes, d’adapter le service en fonction des besoins et d’augmenter sa qualité comme sa disponibilité dans l’optique d’une offre plus équitable.

De nombreux facteurs influencent la commission d’une agression ou d’une atteinte aux biens. Aussi, il est important de cartographier ces incidents, de les géolocaliser et d’en analyser les caractéristiques notamment géographiques afin d’aider les services d’aide aux victimes dans leur processus de décision d’implantation.

La connaissance de la localisation de ces phénomènes facilite le partenariat entre ces associations et les services de Police notamment en matière de communication.

De manière plus fine, grâce à la cartographie, les actions de prévention soutenues par les villes et les services d’aide aux victimes peuvent être ciblées, que ce soit sur les espaces où les actes sont commis, ou auprès des populations identifiées comme les plus victimisées.

L’aide aux victimes est une priorité nationale dans la lutte contre la délinquance. Elle est désormais totalement intégrée par les services publiques classiques. L’analyse géographique est un élément fédérateur du partenariat inter-institutionnel pouvant être créé avec les services de Police et de gendarmerie, les Villes, l’hôpital, les services sociaux et de santé.

Illustration carte des délits et implantation de services aux victimes

Utiliser la cartographie dans le processus de résolution de problème.

Une méthode de résolution de problème se décompose en quatre étapes : diagnostic, analyse, réponse, évaluation de la réponse. A chacune d’entre elle, la cartographie peut être employée : projection de la situation, analyse des faits par rapport au contexte géographique, mise en œuvre d’actions territorialisées, effets des actions – notamment, observe t-on t-on des phénomènes de déplacement territoriaux des incidents.

La résolution des problèmes de sécurité quotidienne ne peut se limiter aux seuls faits constatés (plaintes) enregistrés par les services officiels. Ils représentent les incidents les plus sérieux et les plus avérés mais ne compilent pas les faits infra-pénaux ou encore ceux non signalés pour des raisons multiples. Le sentiment d’insécurité comme la demande de sécurité de la population se fonde cependant pour une part non négligeable sur des constats visuels et auditifs factuels. C’est particulièrement le cas s’agissant des dégradations, du vandalisme, des provocations, des actes de malveillance. Les Villes, les Sociétés de Transports Publics, les Bailleurs Sociaux, possèdent des données recensant les incidents dont ils sont les cibles. Elles leur permettent notamment de procéder à des évaluations de coûts L’analyse comparative à l’aide de cartes alimentées par ces données hétérogènes, est employée particulièrement dans le cas de la gestion de proximité, de l’allocation de ressources et de l’élaboration d’actions coordonnées. La cartographie intervient en terme de communication vers le public dans les groupes de résolution de problèmes nécessitant une implication du public.

Illustration juxtaposition de données partenaires et projection

Utiliser la cartographie dans le cadre du CLSPD et des Observatoires.

Le Maire est progressivement devenu le pivot dans la détermination des politiques locales et la détermination des objectifs de sécurité publique pour sa ville. Ceci s’étend désormais aux Présidents de communautés de communes ou d’agglomérations. Sa capacité de décision dépend très largement du partenariat mis en œuvre avec la Police Nationale, la Préfecture, le Parquet, et les partenaires « civils » que sont les bailleurs sociaux, les concessionnaires de transports publics, le tissu économique. Elle est aussi liée à sa connaissance des phénomènes délictueux et incivils présents sur le territoire.

La cartographie de ces phénomènes, complète et apporte une valeur ajoutée incomparable qui permet entre autre de localiser les situations,déterminer des objectifs quantifiés et qualitatifs, procéder à des évaluations d’actions sur un plan géographique. La détermination des objectifs locaux, tel qu’inscrite dans le décret du Ministre de l’Intérieur fixant les modalités d’organisation des Conseil Locaux de Sécurité et de Prévention de la Délinquance, suppose la création d’outils d’observation et d’évaluation dépassant le stade traditionnel des statistiques générales portant sur les grandes familles d’infractions. Notamment, la quantification des objectifs et leur communication autant auprès des membres du CLSPD que du public, requiert la mise en œuvre d’un outil cartographique.

Illustration de cartes thématiques

Utiliser la cartographie dans les études d’impact de sécurité publique

Les études d’impact de sécurité publique ont été mise en place à la suite de la parution de la loi de 1995. Elles concernent les gros investissements publics et privés en matière d’urbanisme. De fait, les programmes inclus dans les Grands Projets de Ville (GPV) sont éminemment concernés. La prévention des délits à travers l’environnement, renvoie à organiser le futur territoire en fonction de son histoire et des phénomènes criminels repérés. Il s’agit de mettre en œuvre plusieurs principes fondamentaux qui permettront d’identifier et de réduire les risques en sécurité publique sur ce territoire.

L’utilisation de la cartographie est une des parties de l’étude qui porte sur l’analyse géographique du passé du territoire en matière de délits et d’incivilités. Elle permettra d’identifier précisément les zones fragiles, les aires de transition entre l’espace public et l’espace privé, afin de construire un environnement apte à réduire le sentiment d’insécurité, à accroître la qualité de la vie et à permettre une appropriation de cet espace par les habitants.

Illustration cartes diagnostics par rapport à projet urbain
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